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Que se passe-t-il lors du premier rendez-vous avec un cabinet d'architecture d'intérieur — et pourquoi cela détermine-t-il tout ce qui va suivre ?
3 juin 2026

Que se passe-t-il lors du premier rendez-vous avec un cabinet d'architecture d'intérieur — et pourquoi cela détermine-t-il tout ce qui va suivre ?

On s'attend généralement à ce qui suit lors d'un premier rendez-vous avec un cabinet d'architecture d'intérieur : on va présenter un book, examiner des réalisations, discuter des styles. Le cabinet va montrer ce dont il est capable.

Mais quand la réunion est bien menée, c'est tout autre chose. L'atelier est à l'écoute.

Cette distinction n'est pas négligeable — et elle ne varie pas selon le type de projet. Qu'il s'agisse d'une rénovation résidentielle, d'un bureau d'entreprise ou d'un espace hôtelier, le principe reste le même : un projet qui part de mauvaises questions aboutit rarement au bon résultat.

L'objectif de la première réunion n'est pas le projet. Il s'agit de déterminer qui va l'utiliser.

Avant toute esquisse, avant tout tableau d'ambiance, il faut rassembler certaines informations. Pas sur l'espace — cette partie-là est plus simple — mais sur la manière dont cet espace sera utilisé, par qui et avec quelles attentes.

Dans un projet résidentiel, cela implique de bien cerner la famille : ses routines quotidiennes, les habitudes que l'espace actuel ne permet pas, les objets à valeur sentimentale qui seront conservés, ainsi que la manière dont on reçoit chez soi.

Dans le cadre d'un projet d'entreprise, la donne change. Il est important de comprendre comment l'équipe travaille — individuellement et collectivement —, quel type de culture l'entreprise souhaite que l'espace reflète, s'il existe des besoins spécifiques en matière d'intimité acoustique ou d'image, et comment l'espace devra fonctionner dans cinq ans, et pas seulement aujourd'hui.

Dans un établissement hôtelier ou de restauration, les questions sont différentes : qui est le client de cette enseigne ? Quelle expérience souhaite-t-on créer dès l'entrée ? Comment gérer le flux opérationnel sans qu'il soit visible ? Où se trouvent les points de contact qui définissent l'identité du lieu ?

Ces questions semblent n'avoir aucun rapport avec le design. Ce n'est pas le cas. Elles constituent précisément ce qui permet d'aboutir à un projet cohérent non seulement sur le plan visuel, mais aussi sur le plan fonctionnel — pour ce contexte spécifique.

Les questions que nous posons et ce que nous entendons réellement

Lors d'une première réunion à l'Atelier Spacemakers, les questions les plus importantes portent rarement sur l'esthétique.

Dans le cadre d'un projet résidentiel, nous demandons s'il y a des enfants ou des animaux, si le client travaille à domicile, si l'espace est souvent utilisé pour recevoir ou s'il s'agit plutôt d'un lieu de retraite. Nous demandons également s'il y a des meubles auxquels le client est particulièrement attaché. Nous vérifions si le client a des références visuelles — et, le cas échéant, ce qui l'attire dans ces références, car une image qui touche différentes personnes pour des raisons différentes peut donner lieu à un cahier des charges confus.

Dans le cadre d'un projet d'entreprise, nous nous demandons quel est le modèle de travail actuel et quel devrait être le modèle idéal. Si le modèle hiérarchique dispose d'un espace de représentation distinct ou intégré. Combien de personnes utilisent cet espace, à quels horaires et avec quelle mobilité. Si l'identité de l'entreprise est communiquée de manière intentionnelle ou par omission.

Dans un projet hôtelier ou de restauration, nous nous demandons quelle expérience la marque souhaite que le client garde en mémoire après son départ. Quelles sont les opérations qui doivent rester invisibles. Quels matériaux et finitions résistent à un usage intensif sans perdre en qualité esthétique. Où se situent les moments de pause — ces points du parcours du client où le design peut créer un instant mémorable.

Ce que l'on perçoit, au-delà de toutes les réponses, c'est toujours la même chose : la différence entre ce que l'on dit vouloir et ce que l'espace doit offrir. Ces deux aspects ne coïncident pas toujours. Et le rôle de l'atelier est de saisir ces deux aspects.

Ce que le client doit apporter lors de la première réunion

Il n'est pas nécessaire d'avoir des références bien définies ni d'être sûr de son style. Ce qui rend une première réunion productive, ce sont des informations concrètes et une honnêteté quant à ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

Il est utile d'avoir une idée, même vague, du budget disponible. Non pas pour des raisons de sélection, mais parce que le budget est l'un des facteurs qui déterminent les décisions relatives au projet. Travailler sans cette information, c'est comme choisir une destination sans savoir combien de temps le voyage va durer.

Dans les projets d'entreprise et hôteliers, ce qui aide le plus, c'est d'avoir une idée de la façon dont l'espace est utilisé au quotidien : qui le fréquente, à quel rythme, quels sont les besoins qui ne sont pas satisfaits. Il n'est pas nécessaire que tout soit déjà organisé.

Ce qui n'est pas nécessaire, et qui complique souvent les choses, c'est l'idée qu'il faut savoir ce que l'on veut avant d'y arriver. C'est à cela que sert le processus — et c'est précisément au début de ce processus que ce travail commence.

Pourquoi cette réunion est déterminante pour la suite

Le processus de conception d'intérieur repose sur une succession de décisions. Le choix d'un matériau dépend de l'usage réel qui en sera fait. L'aménagement d'un espace dépend des personnes qui l'utilisent et de la manière dont elles le font. La couleur, la lumière, l'acoustique : chaque décision a une raison d'être, et cette raison remonte au cahier des charges.

Lorsque le briefing est solide — lorsque la première discussion a été franche et approfondie —, les décisions qui s'ensuivent reposent sur des bases solides. Les révisions sont moins fréquentes. Les imprévus sont plus faciles à résoudre, car une ligne directrice claire guide les choix.

Lorsque le briefing est superficiel, le projet part à la dérive. Chaque décision devient alors un choix esthétique sans fondement — et le résultat, même s'il est visuellement cohérent, correspond rarement à ce qui était prévu.

Ce qui caractérise une première réunion bien menée

Une première réunion bien menée permet à l'équipe de mieux connaître ceux qui utiliseront l'espace plutôt que l'espace lui-même. L'espace peut être mesuré et photographié. Les routines, les habitudes, la culture d'une entreprise ou l'expérience qu'une marque souhaite créer ne peuvent être appréhendées qu'à travers le dialogue.

Au final, le client a le sentiment d'avoir été écouté, non pas qu'il ait été convaincu de suivre une certaine direction, mais que ses idées, même contradictoires, ont été prises en compte et seront approfondies.

C'est ici que le projet commence. Pas avec la première esquisse, ni avec le premier moodboard. C'est au cours de cette conversation que l'espace commence à se forger une histoire.

À l'Atelier Spacemakers, c'est par cette conversation que tout commence, et c'est là que le projet, avant même d'exister, commence déjà à prendre forme.

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